miercuri, 1 aprilie 2020

7.Idiomul poetic: Jean Cocteau (1889-1963)


Jean Cocteau — Wikipédiacocteau - Cerca con Google | Cocteau dessin

Jean Cocteau

Écrivain et cinéaste français (Maisons-Laffitte 1889-Milly-la-Forêt 1963).
Un moment lié aux dadaïstes (les Mariés de la tour Eiffel, 1924), il est de toutes les avant-gardes et de toutes les évasions. Du feu d'artifice de la prime jeunesse (Plain-Chant, 1923) aux interrogations de la maturité (Requiem, 1962), c'est une même « difficulté d'être » qui est au centre de son œuvre. Ses romans (le Potomak, 1919 ; Thomas l'Imposteur, 1923 ; les Enfants terribles, 1929), aussi bien que son théâtre (la Machine infernale, 1934 ; les Parents terribles, 1938) sont marqués par la poésie. Cinéaste (le Sang d'un poète, 1930 ; l'Éternel Retour, 1943 ; la Belle et la Bête, 1946 ; Orphée, 1950 ; le Testament d'Orphée, 1959), dessinateur, peintre (chapelles à Villefranche-sur-Mer, Milly-la-Forêt), ses créations sont autant de « projections » qui éclairent une époque et la transforment, en lui donnant l'occasion de regarder sans cesse « ailleurs ». (Académie francaise)
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Jean Cocteau : biographie de l'auteur de "La Machine Infernale"

Jean Cocteau : biographie de l'auteur de "La Machine Infernale"
BIOGRAPHIE DE JEAN COCTEAU - Poète, écrivain, dramaturge et cinéaste français, Jean Cocteau a marqué le XXe siècle de son empreinte. Il a réalisé "Orphée", et "Les Enfants terribles".



Biographie courte de Jean Cocteau - Né le 5 juillet 1889 à Maisons-Laffitte, au sein d'une famille bourgeoise parisienne, Jean Cocteau découvre très tôt le théâtre et le cinéma. Son père se suicide alors que le petit Jean est âgé de 9 ans. À 15 ans, il quitte le domicile familial pour entrer au lycée. Il en est renvoyé en 1904 pour indiscipline, et rate son baccalauréat à deux reprises. Dès 1909, il publie son premier recueil de poèmes. Fréquentant différents cercles d'artistes, Jean est autant passionné par la poésie que le cinéma. Sa rencontre avec Serge de Diaghilev, maître des ballets russes, le marque profondément. De leur collaboration naît plusieurs ballets, dont Parade, mis en musique par Erik Satie, avec des décors de Pablo Picasso. Il s'engage en tant qu'ambulancier lorsque la Première Guerre mondiale éclate. Il y vole d'ailleurs avec Roland Garros, mais est rapidement réformé pour des raisons de santé. De retour à Paris, Max Jacob lui présente le jeune poète Raymond Radiguet, que Cocteau prend sous son aile. Celui-ci décède à l'âge de 20 ans, en 1923, laissant Jean Cocteau sombrer peu à peu dans l'opium.

La passion du dessin de Jean Cocteau

Jean Cocteau collabore avec le mouvement dada. Il écrit Le Potomak (1919), puis publie en 1923 son roman Thomas l'imposteur, inspiré de son expérience de la Première Guerre mondiale. Il réalise également ses premiers dessins en 1924. Une passion pour l'art graphique qui va engendrer au fil des années un grand nombre d'illustrations, de fresques, et même de vitraux. C'est en 1925 qu'il réalise son premier court-métrage, Jean Cocteau fait du cinéma. Toujours en proie à son addiction à l'opium, l'écrivain est hospitalisé pour se sevrer. Le temps d'une cure de désintoxication, enfermé dans sa chambre d'hôpital, Cocteau rédige, en dix-sept jours seulement, son roman transgressif Les Enfants Terribles, paru en 1929. Ayant accumulé assez d'expérience, il se lance en 1930 dans la réalisation de son premier long-métrage, Le Sang d'un poète, film expérimental en quatre parties. Deux ans plus tard, il commence à rédiger sa pièce de théâtre en quatre actes La Machine infernale, dont la première est jouée le 10 avril 1934.

Jean Cocteau et Jean Marais, couple mythique du cinéma français

Jean Cocteau rencontre Jean Marais en 1937, lors d'une audition pour la pièce Œdipe Roi. Le cinéaste et dramaturge tombe amoureux du jeune acteur, qui devient son amant, puis son ami. Cocteau lui donne un rôle dans Œdipe Roi, et l'année suivante, il écrit une pièce pour Jean Marais : Les Parents terribles. L'acteur est alors reconnu par la profession. Jean Cocteau écrit ensuite une pièce pour son amie Édith Piaf, en 1940. La pièce Le Bel Indifférent est un énorme succès. L'arrivée de la Seconde Guerre mondiale est une période compliquée pour Cocteau. Bien qu'il travaille sur divers projets avec Pablo Picasso et Coco Chanel, il est critiqué sous l'Occupation pour son homosexualité. Il laisse le cinéma de côté jusqu'à la fin de la guerre.

Les œuvres de Jean Cocteau



Ce n'est qu'en 1946 que Jean Cocteau réalise son deuxième film, La Belle et la bête, adaptation du conte de fées qui met en scène Jean Marais et qui rencontre un grand succès. Suivent alors en 1948 deux nouveaux films, Les Parents terribles (adaptation cinématographique de la pièce écrite quelques années plus tôt) et L'Aigle à deux têtes. Ces deux longs-métrages rencontrent également un franc succès, et Jean Cocteau continue sur sa lancée en 1950 avec le film Orphée, qui met de nouveau en scène Jean Marais. La suite de ce film, Le Testament d'Orphée, ne sort que dix ans plus tard et il est le dernier long-métrage de l'écrivain qui rédige néanmoins dans les années 50 plusieurs scénarios pour d'autres réalisateurs, dont Les Enfants terribles (l'adaptation de son roman, dont il signe seulement le scénario) de Jean-Pierre Melville et La Princesse de Clèves de Jean Delannoy. Il peint également en 1952 son tableau Autoportrait à la veste jaune. Tour-à-tour écrivain, poète, cinéaste, peintre et dramaturge, Jean Cocteau a marqué de son génie le XXe siècle. Il a été l'ami des grands noms de son époque. Foudroyé par une crise cardiaque, Jean Cocteau décède à Milly-la-Forêt, le 11 octobre 1963, à l'âge de 74 ans.


JEAN COCTEAU : DATES CLÉS

5 juillet 1889 : Naissance de Jean Cocteau
Fils de Georges Cocteau et Marie Lecompte, Jean Cocteau naît en 1889 au domicile de son grand-père maternel, à Maisons-Laffittes. Il grandit au sein d'une famille bourgeoise parisienne, avec son frère et sa sœur. Le petit Jean découvre très tôt le théâtre et le cinéma, à l'âge de 6 ans. 
1909 : Jean Cocteau publie ses premiers poèmes
Jean Cocteau publie dès ses 20 ans son premier recueil de poèmes, La Lampe d'Aladin, inspiré des contes des Mille et une Nuits.
1929 : Le roman "Les Enfants terribles" est publié
Jean Cocteau écrit en une dizaine de jours son roman Les Enfants terribles, alors qu'il est hospitalisé pour une cure de désintoxication, lui qui n'arrive pas à se défaire de son addiction à l'opium. Enfermé dans sa bulle, il écrit douloureusement et d'une traite ce roman, qui paraît en 1929.
10 avril 1934 : Première de la pièce "La Machine infernale"
Jean Cocteau commence l'écriture de la pièce La Machine infernale en 1932, dont la première se déroule à la Comédie des Champs-Élysées de Paris, le 10 avril 1934.
1937 : Cocteau rencontre Marais
Lors d'une audition pour sa future pièce Œdipe Roi, Jean Cocteau rencontre le jeune acteur Jean Marais. L'auteur tombe amoureux du jeune acteur, qui devient son amant, puis plus tard, son ami. Jean Marais obtient un rôle dans la pièce de Cocteau, et lance ainsi sa carrière d'acteur. Le couple Cocteau-Marais travaille ensemble à de nombreuses reprises, au théâtre et au cinéma.
29 octobre 1946 : "La Belle et la Bête" sort sur les écrans français
Ce film, réalisé par Jean Cocteau, est une adaptation du célèbre conte. Il raconte la relation ambiguë qui se tisse entre la Belle et la Bête dont elle est prisonnière. Les deux personnages principaux sont joués par Josette Day et Jean Marais, l'acteur fétiche de Cocteau. Le film est un immense succès, qui contribue à imposer son réalisateur comme un grand cinéaste et qui fait passer Jean Marais du statut de jeune premier au rang de vedette.
1953 : Jean Cocteau préside le jury du festival de Cannes
Jean Cocteau préside pour la première fois le jury du célèbre festival de Cannes en 1953. Un rôle de président du jury qu'il reprend plusieurs fois, notamment en 1954 puis en 1957.
3 mars 1955 : Jean Cocteau est élu à l'Académie française
Jean Cocteau est élu à l'Académie française le 3 mars 1955, au fauteuil n°31. Il est reçu le 20 octobre 1955.
11 octobre 1963 : Décès de Jean Cocteau
Jean Cocteau décède d'une crise cardiaque à son domicile de Milly-la-Forêt, à l'âge de 73 ans. Il meurt quelques heures après l'annonce du décès de son amie Édith Piaf. Il est enterré dans la Chapelle Saint-Blaise-des-Simples, à Milly-la-Forêt, dans l'Essonne. Une épitaphe est inscrite sur sa tombe : "Je reste avec vous."
https://www.linternaute.fr/biographie/litterature/1775156-jean-cocteau-biographie-courte-dates-citations/



6.Idiomul poetic: Saint-John Perse (1887-1975)

5.Idiomul poetic:Guillaume Apollinaire (1880-1918)








Wilhelm Apollinaris de Kostrowitzky, dit Guillaume Apollinaire

Guillaume Apollinaire

Écrivain français (Rome 1880-Paris 1918).

LA VIE ET L'ŒUVRE




Guillaume Apollinaire est né de la rencontre romanesque d'Angélique de Kostrowitzky, fille d'émigrés polonais, et d'un noble italien, Francesco d'Aspermont. Abandonnée par son amant (1885), Angélique de Kostrowitzky s'installe à Monaco, où le jeune Guillaume fait des études brillantes qu'il poursuit à Cannes, puis à Nice (1897).
Son enfance et son adolescence se trouvent sous l'emprise de cette mère fantasque, aristocrate déchue par le scandale, aventurière que le goût du jeu entraîne à la table de tous les casinos d'Europe. Durant l'été de l'année 1899, elle n'hésite pas à donner l'ordre à Guillaume de quitter la pension où il réside à Stavelot, sans payer la note de l'hôtelier.
En 1900, Mme de Kostrowitzky s'installe à Paris, et Guillaume est dans l'obligation de gagner sa vie. Étranger, il ne peut trouver qu'un modeste emploi dans une banque. Mais il tient surtout à se faire une place dans le monde de la littérature. Il fréquente les cercles littéraires et fait la connaissance de Jarry, de Montfort (1903) ; plus tard, Derain, Vlaminck, Picasso, pour ne citer qu'eux, seront ses amis.
Apollinaire collabore alors à des revues, dans lesquelles il publie des contes et des poèmes. Les contes seront rassemblés plus tard dans des recueils : l'Enchanteur pourrissant (1909), dont la majeure partie parut dans le Festin d'Ésope, fondé en 1902 en compagnie de Jarry ; l'Hérésiarque et Cie (1910) ; le Poète assassiné (1916). Les poèmes paraissent au fur et à mesure dans des revues comme la Plume (1903 et 1905), la Phalange (1907-1908), le Mercure de France (1909 et 1916). Ils seront réunis en 1913 sous le titre d'Alcools (poèmes écrits de 1898 à 1912, sans aucune ponctuation). Calligrammes, publié en 1918, rassemble les poèmes écrits entre 1912 et 1916. Certains de ces poèmes bénéficient d'une disposition typographique originale. Après sa mort, les poèmes inédits seront réunis par ses amis dans Il y a (1925), le Guetteur mélancolique et les Poèmes à Madeleine (1952).
Mais l'activité d'Apollinaire ne se cantonne pas à la création d'un poète enfermé dans sa tour d'ivoire à l'exemple d'un Mallarmé. Aussi bien par besoin de gagner sa vie que par goût réel, il exerce une activité purement journalistique. Il assure ainsi la revue des revues dans la Revue d'art dramatique. À partir de 1911, il s'occupera d'une chronique intitulée « la Vie anecdotique » dans le Mercure de France. Toujours impécunieux, il n'hésite pas à accorder son concours à des journaux tels que le Financier et la Culture physique (1907). À deux reprises (1901 et 1907), il rédige des romans érotiques publiés sous le manteau. Il est aussi chargé de préfacer pour la collection « les Maîtres de l'Amour » des recueils de textes libertins (1909) : il inaugure la série avec le marquis de Sade, alors très peu connu.
Ces activités multiples et variées, parfois cocasses, ne sont en aucune manière en contradiction avec sa vocation de poète. Pour Apollinaire, tout événement, si ordinaire qu'il puisse paraître, peut devenir prétexte à poésie. « Chacun de mes poèmes, dira-t-il lui-même, est la commémoration d'un moment de ma vie. » Pour ce « flâneur des deux rives », la poésie est partout. Elle est dans la rue, sur les murs de la ville. Et la modernité qui s'y affiche n'est jamais indigne du poème.
Tu lis les prospectus les catalogues les affiches qui chantent tout haut
Voilà la poésie ce matin et pour la prose il y a les journaux
(Alcools, Zone).
La vie, sous toutes ses formes, le quotidien le plus banal, voire le plus grossier, sont la source et le soutien de sa poésie.
Cependant, l'amour est encore la manifestation la plus favorable à l'éclosion du poème. Apollinaire est un amoureux enthousiaste, sincère mais exigeant, irritable et jaloux, qui, par crainte d'être « mal aimé », aime mal et oblige chacune de ses « désirades » à la rupture qui le navre mais lui inspire ses plus beaux poèmes. C'est ainsi qu'après la fuite d'Annie Playden, gouvernante anglaise rencontrée en Allemagne (1901-1902) dans la famille où il était lui-même précepteur, il écrit « la Chanson du Mal-Aimé ». Cette passion ne prendra fin qu'avec Marie Laurencin, qui affermira son goût pour la peinture (1907-1912). Sa liaison avec Louise de Coligny (1914) ne durera que quelques mois, mais sera fort tumultueuse, comme en témoignent les lettres qu'il lui écrit (Poèmes à Lou, 1955 ; Lettres à Lou, 1968). Madeleine Pagès, avec qui il entretient en 1915-1916 des relations épistolaires, clôt la liste officielle de ses amours malheureuses mais fertiles en poèmes.



Durant ces dernières années, Apollinaire a cependant trouvé une nouvelle source d'inspiration : la guerre. Il est un soldat convaincu, « soldat amoureux soldat de la doulce France ». Il étonne ses amis et ses admirateurs lorsqu'il arbore fièrement son uniforme et ses décorations. Bâtard, étranger- il n'obtiendra sa naturalisation française qu'en 1916-, il semble, à voir son application de soldat, qu'il veuille acquérir enfin une situation officielle. Il s'adapte parfaitement à la vie des tranchées et croit, comme beaucoup de ses contemporains, que la guerre va « abolir le vieux monde du xixe s. ».
En 1916, il est blessé à la tempe par un éclat d'obus et subit une trépanation. De retour à Paris, il reprend ses activités littéraires. La guerre a cristallisé ses réflexions sur la poésie et l'art en général : il publie en 1917 l'Esprit nouveau et les poètes. Il applique cet esprit à son œuvre en faisant jouer, la même année, les Mamelles de Tirésias, qu'il définit comme « un drame surréaliste ». Le mot fera carrière. Apollinaire apparaît désormais comme le chef de file de la nouvelle génération qui donne un banquet en son honneur. Il collabore à des revues d'avant-garde, Nord-Sud, Sic, qui servent de terrain d'essai aux dadaïstes et aux futurs surréalistes. En mai 1918, il épouse Jacqueline Kolb, « la jolie rousse ». Mais, affaibli par sa blessure, il ne peut résister à l'épidémie de grippe espagnole : il meurt le 9 novembre.

L'ART POÉTIQUE D'APOLLINAIRE

Apollinaire ne fut pas un novateur à la manière d'un Rimbaud ou d'un Lautréamont, mais avant tout un personnage, « placé au centre de son temps comme une araignée au centre de sa toile », disait Ribemont-Dessaignes. Il était à l'affût de l'inédit et se voulait le défenseur des idées nouvelles. Il les approuvait systématiquement. En lui se rencontrent deux tendances contradictoires, dont on ne sait trop laquelle aurait triomphé s'il avait vécu plus longtemps. Il est le poète nostalgique qui pleure ses amours déçues ; mais cette nostalgie se double d'un goût délibéré pour le nouveau, dont on ignore s'il est le fait d'une conviction profonde ou l'habileté d'un littérateur qui tient à être de son temps et ne veut pas prendre le risque d'avoir méconnu ce qui sera l'art de demain. C'est ainsi qu'il se fait le champion de la nouvelle peinture lorsqu'il publie en 1913 les Méditations esthétiques, premier ouvrage consacré au cubisme. La même année, il se rallie au mouvement futuriste, importé d'Italie par Marinetti. Il prend le parti de Rousseau, douanier et peintre du dimanche, découvert par Jarry. Cette attitude irrite nombre de ses contemporains, qui y voient de la mystification. Il s'agit bien davantage d'un jeu qu'Apollinaire finit par prendre au sérieux. C'est par jeu qu'il écrit une série d'articles sur la littérature féminine, au cours desquels Louise Lalanne- c'est le pseudonyme qu'il s'est choisi- critique avec beaucoup de charme et de pertinence ses illustres consœurs (Colette, en particulier). C'est par goût de l'insolite qu'il s'est lié d'amitié en 1911 avec un personnage étrange, Géry Piéret, qui le compromet dans un vol de statuettes du musée du Louvre. Jusque dans sa vie, il pratique cet esprit qu'il avait ainsi défini : « La surprise sera le grand ressort du nouveau. »



S'il lui arrive de regretter le passé ou d'être curieux de l'avenir, Apollinaire est avant tout l'homme du présent, le bon vivant aimant la bonne chère, l'amoureux à chaque fois éblouit : « Nous vous aimons ô vie et nous vous agaçons » (Calligrammes). Et ce souci, cette joie de vivre dans l'instant, est peut-être la raison pour laquelle il ne fut pas le prophète qu'il désirait être.
Il ne faut pas sonder les avenirs
Il vaut mieux vivre et jouir dans la fraîcheur des soirs.
À la fois conformiste et surprenant, soldat sérieux et Louise Lalanne ironique, Apollinaire est cependant un poète authentique. Beaucoup de ses poèmes, s'ils n'étaient perdus dans la profusion d'une production parfois facile, ou plutôt ludique, témoignent d'une prise de conscience éclairée de ce que seront le monde et la poésie du xxe s. :
Voici le temps de la magie
Il s'en revient attendez-vous
À des milliards de prodiges
Qui n'ont fait naître aucune fable
Nul les ayant imaginés.
(Calligrammes, les Collines.)
Il faut lâcher la bride à l'imagination, oublier les formes vides et les mots usés « pour laisser place à la trouvaille ».
Ô bouches l'homme est à la recherche d'un nouveau langage
Auquel le grammairien d'aucune langue n'aura rien à dire.
(Calligrammes, la Victoire.)
Apollinaire se place dans la lignée d'un Rimbaud ou d'un Lautréamont, diffusant l'esprit de leur expérience solitaire. Peut-être lui a-t-il manqué l'audace nécessaire pour rompre radicalement avec le passé, auquel il était attaché parce qu'il n'en avait pas. Né de nulle part, il cherchait un lieu sûr, d'où il aurait pu se lancer à la conquête de l'« aventure ».
Mais riez riez de moi
Hommes de partout et surtout gens d'ici
Car il y a tant de choses que je n'ose vous dire
Tant de choses que vous ne me laisserez pas dire
Ayez pitié de moi.
(Calligrammes, la Jolie Rousse.)
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Œuvres

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Le Pont Mirabeau lu par Apollinaire (1913).

Poésie

  • Le Bestiaire ou Cortège d'Orphée, illustré de gravures par Raoul Dufy, Deplanche, 1911. Réédité dans son format original par les éditions Prairial, 2017. Cet ouvrage a également été illustré de lithographies en couleurs par Jean Picart Le Doux27.
  • Alcools, recueil de poèmes composés entre 1898 et 1913, Mercure de France, 1913.
  • Vitam impendere amori, illustré par André Rouveyre, Mercure de France, 1917.
  • Calligrammes, poèmes de la paix et de la guerre 1913-1916, Mercure de France, 1918.
  • Il y a..., recueil posthume, Albert Messein, 1925.
  • Ombre de mon amour, poèmes adressés à Louise de Coligny-Châtillon, Cailler, 1947.
  • Poèmes secrets à Madeleine, édition pirate, 1949.
  • Le Guetteur mélancolique, recueil posthume de poèmes inédits, Gallimard, 1952.
  • Poèmes à Lou, Cailler, recueils de poèmes pour Louise de Coligny-Châtillon, 195520.
  • Soldes, poèmes inédits, Fata Morgana, 1985
  • Et moi aussi je suis peintre, album d'idéogrammes lyriques coloriés, resté à l'état d'épreuve. Les idéogrammes seront insérés dans le recueil Calligrammes, Le temps qu'il fait, 2006.
  • Poèmes en guerre, édition établie et préfacée par Claude Debon, Paris, Les Presses du Réel, 2018. (L'ensemble des poèmes écrits par Apollinaire entre 1914 et 1918, réunis pour la première fois, méticuleusement retranscrits d'après les « manuprimes », eux-mêmes reproduits en annexe.)

Romans et contes

  • Mirely ou le Petit Trou pas cher, roman érotique écrit sous pseudonyme pour un libraire de la rue Saint-Roch à Paris, 1900 (ouvrage perdu).
  • Que faire ?, roman-feuilleton paru dans le journal Le Matin, signé Esnard, auquel G.A. sert de nègre.
  • Les Onze Mille Verges ou les Amours d'un hospodarNote 10, roman érotique publié sous couverture muette, 1907.
  • L'Enchanteur pourrissant, illustré de gravures d'André Derain, Kahnweiler, 1909.
  • L'Hérésiarque et Cie, contes, Stock, 1910.
  • Les Exploits d'un jeune Don Juan, roman érotique, publié sous couverture muette, 1911. Le roman a été adapté au cinéma en 1987 par Gianfranco Mingozzi sous le même titre.
  • La Rome des Borgia, qui est en fait de la main de René Dalize, Bibliothèque des Curieux, 1914.
  • La Fin de Babylone - L'Histoire romanesque 1/3, Bibliothèque des Curieux, 1914.
  • Les Trois Don Juan - L'Histoire romanesque 2/3, Bibliothèque de Curieux, 1915.
  • Le Poète assassiné, contes, L'Édition, Bibliothèque de Curieux, 1916.
  • La Femme assise, inachevé, édition posthume, Gallimard, 1920. Version digitale chez Gallica28
  • Les Épingles, contes, 1928.
  • Le Corps et l’Esprit (Inventeurs, médecins & savants fous), Bibliogs, Collection Sérendipité, 2016. Contient les contes : « Chirurgie esthétique » et « Traitement thyroïdien » publiés en 1918.

Ouvrages critiques et chroniques

  • La Phalange nouvelle, conférence, 1909.
  • L'Œuvre du Marquis de Sade, pages choisies, introduction, essai bibliographique et notes, Paris, Bibliothèque des Curieux, 1909, première anthologie publiée en France sur le marquis de Sade.
  • Les Poèmes de l'année, conférence, 1909.
  • Les Poètes d'aujourd'hui, conférence, 1909.
  • Le Théâtre italien, encyclopédie littéraire illustrée, 1910
  • Pages d'histoire, chronique des grands siècles de France, chronique historique, 1912
  • La Peinture moderne, 1913.
  • Les Peintres cubistes. Méditations esthétiques, Eugène Figuière & Cie, Éditeurs, 1913, Collection « Tous les Arts » ; réédition Hermann, 1965 (ISBN 978-2-7056-5916-5)
  • L'Antitradition futuriste, manifeste synthèse, 1913.
  • L'Enfer de la Bibliothèque nationale avec Fernand Fleuret et Louis Perceau, Mercure de France, Paris, 1913 (2e édit. en 1919).
  • Le Flâneur des deux rives, chroniques, Éditions de la Sirène, 1918.
  • L'Œuvre poétique de Charles Baudelaire, introduction et notes à l'édition des Maîtres de l'amour, Collection des Classiques Galants, Paris, 1924.
  • Anecdotiques, notes de 1911 à 1918, édité post mortem chez Stock en 1926
  • Les Diables amoureux, recueil des travaux pour les Maîtres de l'Amour et le Coffret du bibliophile, Gallimard, 1964.